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jeudi 8 décembre 2016

les offres de Noël



L'échéance arrive vite et les idées se bousculent (ou pas ?!) pour faire plaisir à tous ces chanceux qui se verront offrir le thé.  Pour vous aider voici un petit retour sur les offres de noël que nous vous proposons.


Les pack découvertes  COUP DE COEUR ❤

Littéralement THE offre de cette fin d'année 2017, elle regroupe 3 coffrets dédiés chacun à la découverte d'un univers de thé différent. Ainsi, l'heureux élu reçoit 6 x 20 gr de thé grands crûs protégés dans leur boite aluminium et accompagnés d'un "livret guide" permettant de découvrir ces différents univers et leurs saveurs de façon clair et précise.

les 3 coffrets sont :


Les coffrets Puerh et oolong sont accompagnés en plus d'un livret d'initiation au gong fu cha.

les livrets en pleine fabrication ( à la main !)

Les bons cadeaux SIMPLICITE


Lorsque l'on décide de faire un cadeau de thé, dur de choisir en étant convaincu de viser juste... Mais finit les prises de tête ! Nous avons décidé cette année de nous équiper de Bon cadeaux au montant respectif de 20, 30 et 50 € !
vous recevez le bon par mail ET par courrier (sous forme de cartons 10x10 imprimé recto/verso sous enveloppe cadeau). Ce bon unique est munit d'un code spécial à utiliser sur tout le site hors frais de port de façon total OU partielle et valable 1 an.


Le carton face recto envoyé par courrier et mail (modèle 30€)

Le carton face verso envoyé par courrier et mail (modèle 30€)

Les coffrets d'accessoires EFFICACITE

Réédition de l'année précédente, Des packs d'accessoires pensés pour l'initiation et la pratique de l'art du thé.



  • "Coffret solo" : Set comprenant 1 théière en porcelaine de jingdezhen de 150 ml et une tasse haute aux motifs type "famille rose" de 170 ml. Pensé pour les solistes du thé qui pensent aux goût avant tout. 
coffret solo

  • "Service initiation": Set comprenant 1 bateau à thé, 1 gaiwan, 1 pichet en verre, 1 filtre métal, 1 set de dégustation et 1 tasse gong fu. LE service complet pour bien débuter et découvrir l'art subtil des thés gong fu. Livré avec livret d'initiation, 10 gr de thé jade oolong et 10 gr de thé puerh LTC da xue shan 2012. COUP DE COEUR ❤

service initiation au complet

  • "Coffret trio": Set comprenant 1 gaiwan, 1 pichet et 3 tasses 45 ml. Destiné à ceux qui souhaite s'initier à l'art du thé gong fu cha. Livré avec son livret d'initiation au gong fu cha. Idéal pour accompagner nos packs découverte oolong et puerh.

coffret trio 


Et pour finir pensez, dans le cas d'un cadeau personnalisé, à nos emballages cadeaux que nous nous ferons un plaisir de réaliser autour de vos choix les plus fous !

Alors bonne recherche, bon choix, et bonne fête de fin d'année !





 







dimanche 11 septembre 2016

test: les théières et leur matière


pour ce mois de septembre symbole de rentrée et de reprise de travail, nous redémarrons nous aussi avec un article d'apprentissage. L'avantage est notre ligne de conduite qui ne change pas à savoir, le plaisir !

Nous allons parler aujourd'hui de l'influence de la matière des théières sur l'infusion des thés.

Car comme chacun le sait, nombre de modèles différents sont maintenant disponible sur le marché, formes, taille, matière, style... et il est difficile de ne pas ce perdre dans ce mèli mélo de pièces toutes plus magnifiques les unes que les autres.
Et même si certain modèles attirent l'amateur de thés ( comme les théières de Yixing) il est important de comprendre l'intérêt de tel ou tel matière.

Pour cette expérience nous allons travailler avec 4 théières de contenance relativement proche de 110 ml ( + ou - 10 ml ) et un oolong faiblement oxydé de taiwan, notre jade oolong. De part la finesse et la subtilité de ces arômes, ce type de thé permet de percevoir plus facilement les modifications que chaque matière apportera.

les matières utilisées sont les suivantes:

le verre: un coût relativement faible, l'avantage de voir le développement des feuilles, matière neutre

théière en verre de 100 ml avec filtre interne métal

la porcelaine: très esthétique, choix varié, matière neutre

théière en porcelaine de jingdezhen de contenance 120 ml

la terre de jé le potier : céramiste français travaillant avec un grès de la puisaye, lieu renommé pour la qualité de ses argiles. matière rugueuse, à mémoire, cuite à haute température

prototype de théière "shui ping" commandé à jé le potier de contenance 95 ml

la terre de yixing: leur réputation n'est plus à faire, ces théières de manufacture chinoise sont crées à partir de différents argiles et sont appréciées pour leur capacité à monter très vite en température et à garder celle-ci pendant une longue période. le modèle utilisé est en zisha couverte à l’extérieur par une couche de zhuni, le tout cuit à haute température.

terre de yixing en argile zisha/zhuni de contenance 110 ml
malheureusement plus disponible au catalogue

le test est effectué sur un grand bateau à thé (pour plus de commodité) avec une eau à 95°c, un temps d'infusion de 4 min 30 et une quantité de thé de 2 gr. Les infusions sont réalisées simultanément.

quel étalon remportera la course ?!

A vos marques, prêt, tes'thé !

Nous commençons donc avec la première infusion. Les 4 demoiselles sont remplit d'eau chaude à raz bord puis l'on jette cette eau; étape de chauffe. les 2gr de feuilles sont déposés et les couvercles replacés aussitôt. Puis, les théières sont remplit à nouveau et l'infusion commence pour ce finir à 4 min 30.

les 2 gr de feuilles dosés pour chaque théière

Résultat:

visuellement, les 4 liqueurs ainsi obtenue semble similaires, même brillance, même clarté, une belle couleur jaune clair rayonne sur le bateau.

théière en verre:
le côté végétal est mis en avant, avec de la rondeur, mais l'ensemble parait plat en bouche, sans grande intensité. le corps est très léger, trop. On "sent" l'eau.

théière en porcelaine:
La liqueur est brillante, intense. Les fleurs blanches se mêlent aux saveurs beurrées dans une sensation gourmande et sucrée, le tout sur fond de notes végétales rappelant la faible oxydation de ce oolong. l'ensemble est très équilibré, autant entre dynamisme et rondeur qu'entre végétal et floral.

théière en grès de la puisaye:
Ce qui saute immédiatement au palais est la netteté des saveurs. On identifie les fleurs blanches, l'herbe fraîche, les saveurs beurrée/lactée et le sucre de canne. On pourrait comparer ce rendu à deux photos d'une même image, l'une avec un arrière plan flou et l'autre totalement nette. L'ensemble est donc très agréable mais ( parce qu'il y a un mais...) il manque d'intensité, d'harmonie,  par rapport à la porcelaine. Après quelques minutes de refroidissement la liqueur perd en structure et fait apparaître une très légère amertume.  

théière de yixing:
l'ensemble est très, très intense, trop. Le corps est plus structuré mais présente une amertume franche là où les autres n'en n'ont pas. les saveurs sont extraites trop fortement, n'offrant plus que le floral à outrance.

résultat de la première infusion

2ème infusion

Les paramètres sont identiques à la première infusion.

Théière en verre: on gagne en attaque et en notes florale mais le tout reste trop plat;

Théière en porcelaine: on abandonne en intensité pour gagné en rondeur, toujours avec un équilibre certain et beaucoup de saveurs.

Théière en grès de la puisaye : on retrouve ici une netteté incroyable, avec un gain en rondeur, douceur. La structure cette fois ce maintien en refroidissant.

Théière de yixing: on perd bien en intensité, ce qui permet d'obtenir un résultat plus doux, plus harmonieux, moins amère... concrètement c'est vraiment mieux. Toutefois l'ensemble reste beaucoup plus ( voir trop) puissant que ses homologues.

liqueur du jade oolong, 2 ème infusion
A noter:

lors de ces deux infusions, nous avons contrôlé la chaleur de chaque matériaux et surtout leur capacité de maintien de la température au fil du temps et les résultats sont sans appel: 

-Le verre dissipe la chaleur à une vitesse très rapide,
-le grès puisaye perd rapidement également mais ses capacité par rapport au verre sont double;
-l'argile de yixing garde longtemps la chaleur et reste très chaude pendant plusieurs minute;
-la porcelaine reste très très chaude pendant de longue minute.

Conclusion du test

Dés la première gorgée on se rend compte que le verre ne convient pas au oolong car il aplatit et rend monotone ce type de thé.
La porcelaine est vraiment le mieux, sur tous les plans.
Les argiles, eux, en raconte beaucoup. Premièrement, on s’aperçoit que même si les 2 modèles sont en terre cuite, les résultats obtenus sont totalement différents. le grès puisaye est très bon mais peine à harmoniser les saveurs, ce qui donne un thé très bon mais brut. La yixing, elle, s'est loupé sur ce coup et cela démontre que ce n'est pas parce que l'on possède une théière de yixing que le thé est forcément meilleur.

Nous connaissons donc le vainqueur de ce test !

eh là ! doucement les filles ! vous allez vous casser un couvercle !
 Mais alors, si la porcelaine est le meilleur choix, pourquoi s'embêter avec des théières en terre ?

Pour la simple et bonne raison que cela va dépendre de 2 facteurs :

  1. le type de thé utilisé 
  2. ce que l'on attend de notre thé 

Explications

Nous avons vu plus haut que la réaction thermique des matières était différente et propre à chacune. Ainsi le verre qui perd rapidement en température ne peut aboutir à un bon résultat puisque les thés oolong on besoin de chaleur élevée continue pendant l'infusion  pour extraire convenablement leur saveurs. En revanche il sera un excellent choix pour les thés vert qui eux ont besoin de douceur et de température moins élevée pour s'exprimer.

En ce qui concerne les argiles, c'est leur température de cuisson et leur porosité naturel qui vont définir leur utilisation. 

Ainsi, le grès de la puisaye, plus poreux que celui de yixing, dégrossit plus les saveurs (en effaçant par exemple les goûts de surface comme ceux de séchage ou de torréfaction) mais, à cause de sa déperdition rapide de chaleur, n'extrait efficacement les saveurs que les premières secondes d'infusion, retenant ainsi le reste qu'il faudra aller chercher lors des passes suivantes. En revanche, ces deux caractéristiques  conviennent bien aux oolong torréfiés.

Notre théière de yixing est fabriquée à partir de 2 argiles, la zisha et la zhuni. l'argile zisha qui compose l'intérieur est légèrement poreuse et gomme une certaine partie des saveurs. La zhuni appliquée à l'extérieure permet une forte montée en température qui se maintient et donc une extraction très forte des saveurs. elle aurait pu offrir un très bon résultats si elle s'était composée uniquement de zhuni. Néanmoins, ce blend se montre très efficace sur des puerh sheng ou des oolong légèrement torréfiés 

La porcelaine est la meilleure sur ce test pour 2 raisons :
  1. ses capacités thermiques sont excellentes et permettent une extraction optimum des saveurs;
  2. la vitrification totale de la porcelaine la rend perméable et n'absorbe donc aucune saveurs, restituant dans son intégralité le spectre olfactif du thé.
En réalité, les seul matières surpassant la porcelaine pour les infusions de oolong faiblement oxydé sont l'argent (ou l'or), et l'argile de yixing Zhuni, mais ceci et une autre histoire...

Voilà, l'expérience est finit ! Gardez bien à l'esprit que l'intérêt de tel ou tel théière ne dépend pas de sa renommé ou de son esthétique mais plus des capacités intrinsèques de la (les) matière qui la compose et  de sa manufacture.

Sur ce, bonne dégustation et bonne route sur la voie du thé !

dimanche 28 février 2016

S'initier au gong fu cha: la méthode


Dans un précédent article, nous avions vu le matériel nécessaire pour débuter avec la méthode gong fu cha. Aujourd'hui nous allons voir comment utiliser ce service et infuser un thé de notre sélection 2016, l'Anxi Ben Shan. Nous verrons également l’intérêt de ces infusions réalisées selon les principes du gong fu cha.
Pour ceux qui souhaiterais approfondir le sujet de cet art, nous vous invitons à (re)lire cet article.

Pour commencer, rappelons brièvement les principes de bases:

  • beaucoup de feuilles
  • une eau proche de l'ébullition
  • des temps d'infusion très court
Ensuite, gardons en tête que la méthode gong fu cha est conçut pour tiré le meilleur parti des feuilles de thé infusées et ainsi avoir la meilleur tasse possible.

A quelque mois des récoltes de printemps, nous avons choisit pour patienter d'infuser ce Ben shan récolté à l'automne 2015. Oolong faiblement oxydée aux notes végétales rappelant certains sencha japonais. Tout du moins c'est ce que nous devrions percevoir en tasse...

Pour mettre en lumière l’intérêt de la méthode, nous avons préparé une infusion selon le standard occidental à savoir, 2gr/10 cl et 4 min (pour ce type de oolong).

2gr dans le gaiwan de 10 cl

La liqueur obtenue est légère, végétale. le tout est assez plat et manque de corps, le retour en bouche se fait désirer et la longueur est peu présente. un thé distrayant et agréable mais qui ne marque pas le palais.

Maintenant, infusons ce même thé selon la méthode gong fu cha.

1) pour rester aux températures les plus élevées, il est important de bien préchauffer les instruments.

le gaiwan est remplit d'eau chaude (95°c)
l'eau transvasé dans le pichet puis dans les tasse
 2) En fonction du thé utilisé, le dosage des feuilles peut aller de 4 à 10 gr pour 10 cl. Ici nous avons utilisé 8 gr. Une fois déposée dans le gaiwan, nous allons préparer les feuilles à être infusées en les recouvrant une première fois d'eau chaude que l'on jette immédiatement. Cette étape permet de pré-ouvrir les feuilles qui aurait du mal à le faire en une seule passe ( quantité importante de feuille dans un petit contenant ) et de se débarrasser des premières saveurs qui, pour ce thé, non pas grand intérêt.

quantité bien plus importante que la méthode classique
préparation des feuilles

3) Les feuilles ont maintenant commencées à s'ouvrir est sont prêtes à données le meilleur d'elles-mêmes.
On recouvre une nouvelle fois les feuilles d'eau chaude et cette fois un temps d'attente est observé. Ce temps est variable en fonction du thé et de ce que l'on recherche, le standard étant compris entre 10 et 50 secondes. Pour cette première passe, nous laissons infuser une quinzaine de seconde puis nous transvasons la liqueur dans le pichet d'équité. versée ensuite dans la tasse à sentir, cette liqueur est recouverte par la tasse à boire et l'ensemble est retourné. le reste de la liqueur est conservée dans le pichet ou peu être versé immédiatement dans la tasse en porcelaine,

1-l'eau chaude sur les feuilles
2-verse dans le pichet
3-verse dans les tasse
4-retournement de l'ensemble de dégustation
4) on libère la liqueur contenue dans la tasse à sentir et l'on profite des arômes du thé en respirant dans cette tasse. Et là, un premier constat est sans appel, ce n'est plus la légereté que l'on sent mais la force et l'intensité de notes végétales bien présentes ! comme une vague déferlante, les arômes d'herbe fraîchement coupé, de pluie légèrement iodée remplit la fosse nasale est s'installe dans nos papilles.
les lèvres se poses sur la liqueur et la première gorgée s'exprime immédiatement. Puissant, intense, profond, ce ben shan se révèle est nous procure une vitalité dans tout le palais, tapisse la gorge de ces saveurs herbacées et revient avec une jolie longueur en bouche qui restera présentes pendant plusieurs délicieuses minutes.
L'expérience d'un thé kung fu et profondément bluffante et, malgré l'habitude, est toujours aussi intenses ! On constate la différence significative entre les deux méthodes et apprécions à sa juste valeur ce ben shan seulement avec le gong fu cha.

Cette méthode est applicable à tous les oolong en général et fournit une base substantielle pour entrer dans l'univers magique de l'art du thé.
Afin de mettre des faits sur ces écrits nous proposons à ceux qui sont intéressés de s'équiper de ce service "starter" qui sera accompagné de 20 gr de Ben shan en cadeaux. Le tout est accessible ici.

Une vidéo de la dégustation est mise à votre disposition sur notre chaîne youtube ici.

Alors, tous à vos gaiwan et bonne dégustation !


samedi 23 janvier 2016

L'art du thé chinois: Gong fu cha


Ce premier article du blog pour l'année 2016 va traiter de l'art du thé chinois que beaucoup connaissent sous le nom de gong fu cha. Traiter ou du moins tenter car, si il en est de certains sujets complexes, l'art du thé chinois est aussi vaste que les océans du globe et que l'amour d'une mère pour son enfant ! Cet article est le résultat de nombreuses recherches et expériences que nous avons menées jusqu'à maintenant et qui sera forcément amené à évoluer au fil de nos prochaines rencontres et expériences. 

L'art

Le titre de l'article ne pourrait être finalement considéré que comme une répétition d'un terme dans deux langues différentes. en effet, "kung fu" dans la culture chinoise signifie faire avec application, et intention, visant à atteindre la maîtrise, la perfection. Quand est-il de "l'art", tel qu'il est considéré par nous, occidentaux ? A bien y réfléchir, cela revient à la même chose. Et ce n'est pas peu dire ! A l'évocation d'un "art", l'esprit se tourne vers la précision, l'élégance, la performance et le raffinement. Il est quelque chose d'imperceptible, d'invisible et pourtant bien présent. Et bien le kung fu, c'est également cela. Kung fu et art ne représentent donc qu'une seule et même chose.

Dans une pratique il y a des amateurs, des passionnés, des professeurs et même parfois des maîtres. Tous pratiques l'art mais à différents niveaux. Nous pourrions prendre comme exemple les arts martiaux occidentalisés comme le judo ou le karaté qui attribue des ceintures de différentes couleurs selon le niveau de chacun. Pratiquer un art ne veux pas dire être un artiste (ou un maître) mais plutôt tendre toujours vers le mieux, au travers d'un grand savoir et d'une grande expérience, une vie durant.

Le thé n'y fais alors pas exception. "mais alors lorsque j'infuse mon thé en sachet dans mon mug 1.5 l, je pratique l'art du thé ? "... Et bien si l'on considère qu'une chenille devient inéluctablement un papillon, alors peut être que oui.

Pour finaliser cette réponse, peut être devrions nous d'abord répondre à une autre question: Est-ce nous qui choisissons notre art ou l'inverse ?
Entendons par là que tous passionnés ne sais jamais réveillez un matin en se disant "c'est CELA qui va me faire vibrer toute ma vie", Mais plutôt une succession d'événement, de rencontre, et surtout ce petit quelque chose qui nous pousse à aller toujours un peu plus loin, sans que l'on sache vraiment pourquoi.

Dans l'exemple concret du gong fu cha, c'est l'amateur qui passera du sachet conditionné aux thés en vrac, puis à la théière, au bateau à thé pour finir avec une bouilloire et quelque feuilles au beau milieu d'une clairière ! pour cette personne, la pratique de l'art du thé aura débuté à sa première gorgée mais, lui, ne le sait pas encore...

Histoire et origines

illustration représentant la découverte du thé par Shennong


Historiquement le thé remonterait à - 2387 av JC et aurait été découvert par l'empereur shen nong connu en chine comme "le père de l'agriculture" ( une autre légende attribut l'existence du théier à Boddidharma, mais cela tient plus du mythe que d'une quelconque véracité historique ). D'abord consommé comme plante médicinale,  le thé a dés lors accompagné la Chine dans toute sont histoire et à vu sa pratique de consommation évoluer au fil du temps pour arriver à ce que nous connaissons aujourd'hui, le thé en vrac. 
Nous n'aborderons pas ici les différents aspect du thé au fil du temps car cela pourrait faire l'objet d'un article à lui tout seul mais allons faire un bon de quelques 3500 ans en avant pour nous retrouver à l'époque qing  (1644-1912). Car, même si le thé a acquis ses lettres de noblesse dès la dynastie T'ang avec notamment le cha jing ( classique du thé ) de Lu Yu,  c'est pendant la période qing qu'il a obtenu son titre de "kung fu cha".
Ses origines trouvent leur source dans le sud de la chine, à Chaozhou. A cette époque, les thés bu dans cette zone étaient essentiellement des Oolong cultivés dans cette même région à savoir les Dancong et Yancha ( ce qui explique aussi leur réputation ).
Les habitants de Chaoshan ont, jusqu'à ce jour, un goût profond pour le thé et généralement pour les produits tel qu'ils sont, dans leur plus simple apparat. 
Ils développèrent donc une technique spécifique visant à mettre en valeur l'essence même du thé, s'appuyant sur les textes anciens des dynasties précédentes T'ang et Song qui avaient élevés la pratique du thé à un niveau déjà plus que correct.  Cette technique comprend beaucoup d'étapes, demande une connaissance élevée de lecture des feuilles et une fine précision des temps d'infusion et des températures. Ainsi, progressivement, cette technique acquis son "kung fu". Et il en faut pour mener à bien ces infusions !

chaozhou gong fu cha

Petit à petit, le gong fu cha se répandit au travers du sud de la Chine et fût utilisé et adapté par l'ensemble des maîtres et amateurs de thé. Aujourd'hui, tel un flux imperceptible, le chaozhou gong fu cha continue d'influencer les méthodes d'infusions, se parant de multiple formes et accessoires mais conservant l'essence de ce qu'il est, l'art du thé. 

A noter : même si le terme gong fu cha apparaît vers fin ming début qing, les maîtres de thés des époques T'ang et song possédaient déjà un incroyable kung fu qui leur permis de nous transmettre de formidable écrits remplits de savoir comme le poème de Lu tung ou le cha jing. Ce dernier, considéré par certains comme obsolète de nos jours et encore une mine d'informations sur l'art du thé.  Bien sûr elles ne doivent pas être acquises de façon brut mais plutôt extrapolées à notre pratique moderne. Citons par exemple les préconisations de Lu Yu sur l'utilisation de tasses spécifiques qui mettent en valeur ou non la couleur du thé. Même si vrai à  l'époque, ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui. La leçon est donc que le choix de la tasse est important et à faire en fonction du thé infusé. Ces leçons sont pertinentes et nombreuses, aussi, pour les plus passionnés, nous vous invitons à lire cette oeuvre si ce n'est déjà fait.

Lu Yu préparant le thé



Principes et méthode



Le principe initié par le chaozhou gong fu cha est d'infuser une grande quantité de feuille dans peu d'eau. Le ratio obtenu est de l'ordre de 80% de feuille sèches dans la théière. Ce dosage approprié pour les thés non roulés comme les dancong et yan cha, composé de grandes feuilles légères et volumineuses, ne convient cependant pas aux thés roulés. Car si l'on respect les mêmes proportions (80%) avec ce type de thé, la quantité utilisée devient alors astronomique, inutile, et sans intérêt pour la qualité de l'infusion. Les gens d'anxi ont alors adapté le gong fu cha à leurs thés (Tie guan yin, ben shan...) en ramenant le ratio de feuilles dans la théière à 30/40 % du volume de la théière. Cette méthode est également appliquée à Taïwan ( leur Oolong n'étant quasiment que des thés roulés ).




Oolong roulé à gauche ( Tie Guan Yin ), Oolong non roulé à droite ( Yan cha )

Pour comprendre l'art du thé, il faut d'abord comprendre comment marche le processus d'infusion.
Les feuilles au départ sèches, vont être ré-hydratée par l'eau et revenir petit à petit à leur forme originelle ( ou presque ). Plus ces feuilles vont "s'ouvrir", plus leurs saveurs vont se libérer dans l'eau. Le principe d'infusion consiste donc à capter au mieux les saveurs renfermés dans les feuilles.

L'art du thé lui, vise à maîtriser cette capture de saveurs. Ainsi, le maîtres de thé devra être capable d'ouvrir plus ou moins les feuilles, de façon rapide ou lente, de sorte à présenter en tasse tous les arômes ou seulement une partie, bien souvent en fonction de la qualité du thé.

Le 1er point clé de l'ouverture est la température, mais pas uniquement celle de l'eau ! Car si l'eau doit se trouver juste au dessous du point d'ébullition (95°c), celle des instruments peu être variable et à ajuster en fonction du thé brassé.

1) La matière de l'infuseur doit être choisit en fonction de ses propriétés thermiques et  de ce que l'on recherche. Argile, porcelaine, ou métal, chacune à des caractéristiques thermiques qui lui sont propres et qui s'accorderont ou non avec le thé, citons par exemple les fameuses théières de yixing, petites préférées des amateurs de thé, connu pour leur montés en températures rapide et durable.
2) L'immersion est le deuxième paramètre qui permet d'agir sur la température. Grâce aux bateaux à thé en céramique ( sorte de petites assiettes à bord relevé ) utilisé dans le chaozhou gong fu, on peut au choix immerger ou non la théière.

- Dans le 1er cas (immersion), la chaleur ambiante va monter très haut et va permettre une ouverture rapide des feuilles et une extraction puissante des arômes;
- dans le 2eme (non immersion), la température ambiante va redescendre plus vite et l'ouverture ainsi que l'extraction seront plus lente et délicate;

L'utilisation d'une réhausse dans les bateaux en céramique ou celle d'un bateau en bois ajouré permet une 3 éme option, celle d'asperger la théière d'eau bouillante sans pour autant l'immerger.


De gauche à droite: théière sur bateau ajouré, non immergé, immergé

Après la température vient la verse de l'eau. point totalement ignoré par la majorité des amateurs de thé occidentaux, cette notion est pourtant capital dans le rendu que l'on obtiendra dans la tasse. Plus la verse sera brutale, plus l'extraction sera forte; plus la verse sera délicate plus l'extraction le sera.

Ainsi les thés fins et roulés faiblement oxydés auront besoin d'une verse puissante (mais pas directement sur les feuilles ) pour s'ouvrir correctement et libérer leur fines saveurs;
tandis que les Oolong torréfiés ( hung shui, yan cha...) demanderons une verse plus souple, car sinon la torréfaction et l'amertume contenue sur l'extérieur des feuilles seront immédiatement libérées et cacherons alors les saveurs retenues au cœur des feuilles.

2eme passe d'un gui fei, débit légèrement puissant sur le feuilles
La dernière clé de la méthode gong fu sera le temps. Et à cette question il est plus difficile d'apporter une explication ferme. La durée de chaque infusion va dépendre essentiellement :

  • de la qualité du thé
  • du rendu souhaité 
  • de la préférence des hôtes
  • des infusions précédentes 

Cette dernière étape nécessite l'expérience,la connaissance et la compréhension du thé infusé. Si la précédente passe était trop forte on peux réduire le temps de la prochaine, si un hôte préfère la force alors on le servira en dernier lui offrant alors les saveurs les plus concentrées...

La seule règle que l'on peut donner est la suivante:

Plus le thé est de qualité, plus il supportera de longues infusions

Ainsi il sera toujours plus facile de réussir un bon thé qu'un mauvais, peut être est-ce là que réside l'art  du thé... 

Implication du tout

Maintenant que la méthode est dégrossit, l'on pourrait croire que tout est finit. Pourtant, même si pour une majeure partie des buveurs de thé le gong fu s'arrête là, la réalité de ce qu'il est va beaucoup plus loin. Car l'art du thé dans son ensemble implique le thé certes, mais aussi l'intégralité de ce  qui l'entoure, l'environnement, l'espace, les couleurs...  Ce principe est illustré à merveille dans la cérémonie de thé japonaise cha no yu. De la fleur unique présente dans la salle jusqu'à la taille même de cette pièce, tout et judicieusement choisit et préparé par le maître, dans le but d'accompagner le thé jusqu'à son aboutissement divin.
Le tout doit être pratiqué au travers du "wu wei" ( non-agir ). Etre conscient de l'inconscient, faire sans démontrer, déguster sans théâtraliser. Car si l'on pense à verser, alors la verse sera hésitante et dissipée, si l'on verse, l'eau sera versée. 

Finalement arrivé au bout de cet article, rendons nous à l'évidence que le plus important est sans nul doute l'expérience et la pratique. Alors goutez, testez, comparez, partagez ! Car au final tout le monde potentiellement sait infuser, il suffit de savoir écouter  et  comprendre, ce que tente de nous enseigner le  thé...

Bonne route sur la voie du thé

De coupe en coupe l'amateur suit sa route...