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dimanche 11 septembre 2016

test: les théières et leur matière


pour ce mois de septembre symbole de rentrée et de reprise de travail, nous redémarrons nous aussi avec un article d'apprentissage. L'avantage est notre ligne de conduite qui ne change pas à savoir, le plaisir !

Nous allons parler aujourd'hui de l'influence de la matière des théières sur l'infusion des thés.

Car comme chacun le sait, nombre de modèles différents sont maintenant disponible sur le marché, formes, taille, matière, style... et il est difficile de ne pas ce perdre dans ce mèli mélo de pièces toutes plus magnifiques les unes que les autres.
Et même si certain modèles attirent l'amateur de thés ( comme les théières de Yixing) il est important de comprendre l'intérêt de tel ou tel matière.

Pour cette expérience nous allons travailler avec 4 théières de contenance relativement proche de 110 ml ( + ou - 10 ml ) et un oolong faiblement oxydé de taiwan, notre jade oolong. De part la finesse et la subtilité de ces arômes, ce type de thé permet de percevoir plus facilement les modifications que chaque matière apportera.

les matières utilisées sont les suivantes:

le verre: un coût relativement faible, l'avantage de voir le développement des feuilles, matière neutre

théière en verre de 100 ml avec filtre interne métal

la porcelaine: très esthétique, choix varié, matière neutre

théière en porcelaine de jingdezhen de contenance 120 ml

la terre de jé le potier : céramiste français travaillant avec un grès de la puisaye, lieu renommé pour la qualité de ses argiles. matière rugueuse, à mémoire, cuite à haute température

prototype de théière "shui ping" commandé à jé le potier de contenance 95 ml

la terre de yixing: leur réputation n'est plus à faire, ces théières de manufacture chinoise sont crées à partir de différents argiles et sont appréciées pour leur capacité à monter très vite en température et à garder celle-ci pendant une longue période. le modèle utilisé est en zisha couverte à l’extérieur par une couche de zhuni, le tout cuit à haute température.

terre de yixing en argile zisha/zhuni de contenance 110 ml
malheureusement plus disponible au catalogue

le test est effectué sur un grand bateau à thé (pour plus de commodité) avec une eau à 95°c, un temps d'infusion de 4 min 30 et une quantité de thé de 2 gr. Les infusions sont réalisées simultanément.

quel étalon remportera la course ?!

A vos marques, prêt, tes'thé !

Nous commençons donc avec la première infusion. Les 4 demoiselles sont remplit d'eau chaude à raz bord puis l'on jette cette eau; étape de chauffe. les 2gr de feuilles sont déposés et les couvercles replacés aussitôt. Puis, les théières sont remplit à nouveau et l'infusion commence pour ce finir à 4 min 30.

les 2 gr de feuilles dosés pour chaque théière

Résultat:

visuellement, les 4 liqueurs ainsi obtenue semble similaires, même brillance, même clarté, une belle couleur jaune clair rayonne sur le bateau.

théière en verre:
le côté végétal est mis en avant, avec de la rondeur, mais l'ensemble parait plat en bouche, sans grande intensité. le corps est très léger, trop. On "sent" l'eau.

théière en porcelaine:
La liqueur est brillante, intense. Les fleurs blanches se mêlent aux saveurs beurrées dans une sensation gourmande et sucrée, le tout sur fond de notes végétales rappelant la faible oxydation de ce oolong. l'ensemble est très équilibré, autant entre dynamisme et rondeur qu'entre végétal et floral.

théière en grès de la puisaye:
Ce qui saute immédiatement au palais est la netteté des saveurs. On identifie les fleurs blanches, l'herbe fraîche, les saveurs beurrée/lactée et le sucre de canne. On pourrait comparer ce rendu à deux photos d'une même image, l'une avec un arrière plan flou et l'autre totalement nette. L'ensemble est donc très agréable mais ( parce qu'il y a un mais...) il manque d'intensité, d'harmonie,  par rapport à la porcelaine. Après quelques minutes de refroidissement la liqueur perd en structure et fait apparaître une très légère amertume.  

théière de yixing:
l'ensemble est très, très intense, trop. Le corps est plus structuré mais présente une amertume franche là où les autres n'en n'ont pas. les saveurs sont extraites trop fortement, n'offrant plus que le floral à outrance.

résultat de la première infusion

2ème infusion

Les paramètres sont identiques à la première infusion.

Théière en verre: on gagne en attaque et en notes florale mais le tout reste trop plat;

Théière en porcelaine: on abandonne en intensité pour gagné en rondeur, toujours avec un équilibre certain et beaucoup de saveurs.

Théière en grès de la puisaye : on retrouve ici une netteté incroyable, avec un gain en rondeur, douceur. La structure cette fois ce maintien en refroidissant.

Théière de yixing: on perd bien en intensité, ce qui permet d'obtenir un résultat plus doux, plus harmonieux, moins amère... concrètement c'est vraiment mieux. Toutefois l'ensemble reste beaucoup plus ( voir trop) puissant que ses homologues.

liqueur du jade oolong, 2 ème infusion
A noter:

lors de ces deux infusions, nous avons contrôlé la chaleur de chaque matériaux et surtout leur capacité de maintien de la température au fil du temps et les résultats sont sans appel: 

-Le verre dissipe la chaleur à une vitesse très rapide,
-le grès puisaye perd rapidement également mais ses capacité par rapport au verre sont double;
-l'argile de yixing garde longtemps la chaleur et reste très chaude pendant plusieurs minute;
-la porcelaine reste très très chaude pendant de longue minute.

Conclusion du test

Dés la première gorgée on se rend compte que le verre ne convient pas au oolong car il aplatit et rend monotone ce type de thé.
La porcelaine est vraiment le mieux, sur tous les plans.
Les argiles, eux, en raconte beaucoup. Premièrement, on s’aperçoit que même si les 2 modèles sont en terre cuite, les résultats obtenus sont totalement différents. le grès puisaye est très bon mais peine à harmoniser les saveurs, ce qui donne un thé très bon mais brut. La yixing, elle, s'est loupé sur ce coup et cela démontre que ce n'est pas parce que l'on possède une théière de yixing que le thé est forcément meilleur.

Nous connaissons donc le vainqueur de ce test !

eh là ! doucement les filles ! vous allez vous casser un couvercle !
 Mais alors, si la porcelaine est le meilleur choix, pourquoi s'embêter avec des théières en terre ?

Pour la simple et bonne raison que cela va dépendre de 2 facteurs :

  1. le type de thé utilisé 
  2. ce que l'on attend de notre thé 

Explications

Nous avons vu plus haut que la réaction thermique des matières était différente et propre à chacune. Ainsi le verre qui perd rapidement en température ne peut aboutir à un bon résultat puisque les thés oolong on besoin de chaleur élevée continue pendant l'infusion  pour extraire convenablement leur saveurs. En revanche il sera un excellent choix pour les thés vert qui eux ont besoin de douceur et de température moins élevée pour s'exprimer.

En ce qui concerne les argiles, c'est leur température de cuisson et leur porosité naturel qui vont définir leur utilisation. 

Ainsi, le grès de la puisaye, plus poreux que celui de yixing, dégrossit plus les saveurs (en effaçant par exemple les goûts de surface comme ceux de séchage ou de torréfaction) mais, à cause de sa déperdition rapide de chaleur, n'extrait efficacement les saveurs que les premières secondes d'infusion, retenant ainsi le reste qu'il faudra aller chercher lors des passes suivantes. En revanche, ces deux caractéristiques  conviennent bien aux oolong torréfiés.

Notre théière de yixing est fabriquée à partir de 2 argiles, la zisha et la zhuni. l'argile zisha qui compose l'intérieur est légèrement poreuse et gomme une certaine partie des saveurs. La zhuni appliquée à l'extérieure permet une forte montée en température qui se maintient et donc une extraction très forte des saveurs. elle aurait pu offrir un très bon résultats si elle s'était composée uniquement de zhuni. Néanmoins, ce blend se montre très efficace sur des puerh sheng ou des oolong légèrement torréfiés 

La porcelaine est la meilleure sur ce test pour 2 raisons :
  1. ses capacités thermiques sont excellentes et permettent une extraction optimum des saveurs;
  2. la vitrification totale de la porcelaine la rend perméable et n'absorbe donc aucune saveurs, restituant dans son intégralité le spectre olfactif du thé.
En réalité, les seul matières surpassant la porcelaine pour les infusions de oolong faiblement oxydé sont l'argent (ou l'or), et l'argile de yixing Zhuni, mais ceci et une autre histoire...

Voilà, l'expérience est finit ! Gardez bien à l'esprit que l'intérêt de tel ou tel théière ne dépend pas de sa renommé ou de son esthétique mais plus des capacités intrinsèques de la (les) matière qui la compose et  de sa manufacture.

Sur ce, bonne dégustation et bonne route sur la voie du thé !

dimanche 28 février 2016

S'initier au gong fu cha: la méthode


Dans un précédent article, nous avions vu le matériel nécessaire pour débuter avec la méthode gong fu cha. Aujourd'hui nous allons voir comment utiliser ce service et infuser un thé de notre sélection 2016, l'Anxi Ben Shan. Nous verrons également l’intérêt de ces infusions réalisées selon les principes du gong fu cha.
Pour ceux qui souhaiterais approfondir le sujet de cet art, nous vous invitons à (re)lire cet article.

Pour commencer, rappelons brièvement les principes de bases:

  • beaucoup de feuilles
  • une eau proche de l'ébullition
  • des temps d'infusion très court
Ensuite, gardons en tête que la méthode gong fu cha est conçut pour tiré le meilleur parti des feuilles de thé infusées et ainsi avoir la meilleur tasse possible.

A quelque mois des récoltes de printemps, nous avons choisit pour patienter d'infuser ce Ben shan récolté à l'automne 2015. Oolong faiblement oxydée aux notes végétales rappelant certains sencha japonais. Tout du moins c'est ce que nous devrions percevoir en tasse...

Pour mettre en lumière l’intérêt de la méthode, nous avons préparé une infusion selon le standard occidental à savoir, 2gr/10 cl et 4 min (pour ce type de oolong).

2gr dans le gaiwan de 10 cl

La liqueur obtenue est légère, végétale. le tout est assez plat et manque de corps, le retour en bouche se fait désirer et la longueur est peu présente. un thé distrayant et agréable mais qui ne marque pas le palais.

Maintenant, infusons ce même thé selon la méthode gong fu cha.

1) pour rester aux températures les plus élevées, il est important de bien préchauffer les instruments.

le gaiwan est remplit d'eau chaude (95°c)
l'eau transvasé dans le pichet puis dans les tasse
 2) En fonction du thé utilisé, le dosage des feuilles peut aller de 4 à 10 gr pour 10 cl. Ici nous avons utilisé 8 gr. Une fois déposée dans le gaiwan, nous allons préparer les feuilles à être infusées en les recouvrant une première fois d'eau chaude que l'on jette immédiatement. Cette étape permet de pré-ouvrir les feuilles qui aurait du mal à le faire en une seule passe ( quantité importante de feuille dans un petit contenant ) et de se débarrasser des premières saveurs qui, pour ce thé, non pas grand intérêt.

quantité bien plus importante que la méthode classique
préparation des feuilles

3) Les feuilles ont maintenant commencées à s'ouvrir est sont prêtes à données le meilleur d'elles-mêmes.
On recouvre une nouvelle fois les feuilles d'eau chaude et cette fois un temps d'attente est observé. Ce temps est variable en fonction du thé et de ce que l'on recherche, le standard étant compris entre 10 et 50 secondes. Pour cette première passe, nous laissons infuser une quinzaine de seconde puis nous transvasons la liqueur dans le pichet d'équité. versée ensuite dans la tasse à sentir, cette liqueur est recouverte par la tasse à boire et l'ensemble est retourné. le reste de la liqueur est conservée dans le pichet ou peu être versé immédiatement dans la tasse en porcelaine,

1-l'eau chaude sur les feuilles
2-verse dans le pichet
3-verse dans les tasse
4-retournement de l'ensemble de dégustation
4) on libère la liqueur contenue dans la tasse à sentir et l'on profite des arômes du thé en respirant dans cette tasse. Et là, un premier constat est sans appel, ce n'est plus la légereté que l'on sent mais la force et l'intensité de notes végétales bien présentes ! comme une vague déferlante, les arômes d'herbe fraîchement coupé, de pluie légèrement iodée remplit la fosse nasale est s'installe dans nos papilles.
les lèvres se poses sur la liqueur et la première gorgée s'exprime immédiatement. Puissant, intense, profond, ce ben shan se révèle est nous procure une vitalité dans tout le palais, tapisse la gorge de ces saveurs herbacées et revient avec une jolie longueur en bouche qui restera présentes pendant plusieurs délicieuses minutes.
L'expérience d'un thé kung fu et profondément bluffante et, malgré l'habitude, est toujours aussi intenses ! On constate la différence significative entre les deux méthodes et apprécions à sa juste valeur ce ben shan seulement avec le gong fu cha.

Cette méthode est applicable à tous les oolong en général et fournit une base substantielle pour entrer dans l'univers magique de l'art du thé.
Afin de mettre des faits sur ces écrits nous proposons à ceux qui sont intéressés de s'équiper de ce service "starter" qui sera accompagné de 20 gr de Ben shan en cadeaux. Le tout est accessible ici.

Une vidéo de la dégustation est mise à votre disposition sur notre chaîne youtube ici.

Alors, tous à vos gaiwan et bonne dégustation !


mardi 16 février 2016

Sélection 2016 : oolong de chine


Le thé est avant tout une matière brut cultivée par la main de l'homme au gréer des saisons, du temps. C'est pourquoi il est important de ne pas ce figer sur un thé ou sur une maison de thé car, d'une année à l'autre, les récoltes peuvent être bonnes ou pas. Notre sélection 2015 étant épuisée et les récoltes d'automne faites, nous avons sélectionné pour vous 6 nouveaux crûs pour représenter cette année les 3 principales familles de oolong chinois, Anxi, Dan cong, Yan cha. Focus sur cette sélection signé gongfucha.fr.


Les Oolong d'anxi 
District administratif de la province du Fujian en Chine, Anxi est le berceau des fameux Tie Guan Yin. Focalisé sur la production de oolong faiblement oxydé, on trouve aux cotés des TGY d'autres cultivar moins connu mais tout aussi intéressant comme le Ben Shan ou le Huang jin gui.
Pour cette fois, notre choix s'est porté sur un ben shan et un Tie guan yin, tous deux récoltés à l'automne 2015.

Ben Shan
Récolté à l'automne 2015, ce benshan de grade suprême offre des notes végétales intenses de légume cuit et d'herbe fraîchement coupée qui ne sont pas sans rappeler certains thé vert japonais comme les senchas. l'ensemble est bien équilibré et la faible oxydation convient bien à ce cultivar.

Pour tiré le meilleur partit de ce oolong, nous vous conseillons de l'infuser selon les principes du gong fu cha et d'utiliser un dosage de l'ordre de 8 à 10 gr pour 10 cl. Les saveurs recherchées sont une puissance végétale et intense, légèrement poivrée, qui procurera un retour en bouche vif et dynamisant.
Feuille de notre Ben Shan 

liqueur obtenue en gong fu cha
 Tie Guan Yin
Le TGY faisant partie des classiques pour l'amateur de thé, ce oolong ce trouve à peu près partout, boutique et website confondu. Néanmoins, si le nom y est, il n'en va pas forcément de même en tasse. Le chemin qui nous mena à ce tie guan yin fût rude mais le résultat parle de lui même en tasse. Ce crû cultivé de façon biologique et entièrement fabriqué à la main offre des l'ouverture du sachet des senteurs fraîches et toniques nous propulsant au pied de montagnes ou pousserait de délicates fleurs de lys. En tasse cette fraîcheur se transcrit parfaitement et se pare d'une grande complexité. La liqueur est légère avec une couleur intense, brillante.

Nous vous conseillons une infusion avec moins de feuilles que le standard ( 3gr pou 10 cl ), et sans étape de préparation ( rinçage ). les saveurs sont la fleur blanche et une grande fraîcheur, de la finesse, de la complexité, de la légèreté.

feuille de notre tie guan yin

liqueur obtenue
Les Dan cong
Cultivé principalement dans la région de la ville de Feng huang ( phoenix ) dans le Hunan, les "Dan cong" ou "arbre unique" proviennent historiquement de récoltes effectuées sur un seul arbre, d'où cette appellation. Ces récoltes légendaires ne se font plus aujourd'hui que pour des oolong de très haut de gamme et incroyablement cher. La plupart des récoltes disponibles aujourd'hui se font sur plusieurs arbres et donne des qualités de tout niveau bien souvent pour le pire. Nous n'avons pas la prétention de vous offrir avec cette sélection des grands crûs de théiers mère mais plutôt deux bon dan cong bien équilibré, ayant chacun leur personnalité. pour le peu que la finesse et la délicatesse anime votre service, vous tirerai à coup sur un bon parti de cette sélection.

Da Wu Ye
Qui signifie "grande feuilles grises". Plus légèrement oxydé que d'habitude, notre da wu ye amène la dégustation sur des notes gourmandes et pâtissières d'amande et de cannelle, suave en bouche et peu amère pour un dan cong. Ce crû ce porte réellement sur le plaisir gustatif en s'offrant à vous dés la première tasse et saura vous tenir en haleine sur un grand nombre de passe.

Nous conseillons aux néophytes une infusion standard ( 2gr/10cl ) avec une eau à 85/90 °c pour une durée de 3 min.
Les amateurs de gong fu cha pourront mettre en pratique tous leur savoir afin d'obtenir LA saveur par excellence de ce Da Wu Ye. Un petit coup de pouce ? Un refroidissement de l'eau et une verse très fine.
feuilles de notre Da Wu Ye

liqueur obtenue
Song Zhong
La particularité de ce Dan cong réside en 2 points ; Le cultivar utilisé qui est un Shui xian (fée des eaux) essentiellement employé sur les monts wu yi pour produire des thés de roches; et sa récolte qui est faite sur plusieurs arbres issus tous d'un marcottage du même arbre mère. Ces 2 spécificités réunit lui donne des saveurs minérales, de la profondeur, des notes de fruit exotiques et de fleur blanches. La torréfaction est moyenne et amène de la rondeur et de belles notes grillées, le tout dans un parfait équilibre. La complexité de ce dan cong fait de lui un oolong formidable pour les amateurs qui prennent plaisir à déstructurer ce genre de thés au travers de multiples infusions.

Ce oolong étant produit à chaozhou, ville originelle du gong fu cha, il convient de l'infuser selon cette méthode.
Notre conseils plus ; Prolonger la cession sur nombre de passes car les notes minérales spécifiques de ce Song Zhong ne se dévoileront qu'au fil de ces dernières.

feilles de notre Song Zhong

liqueur obtenue

Les Yan Cha
Cette appellation signifie littéralement "thés de roches". Ce terme leur convient parfaitement puisque les théiers sont cultivés à flanc de montagne et prennent racine dans le sol rocailleux de celle-ci. Cette particularité leur permet de développer des notes puissantes et minérales et un caractère spécifique très prisé dans le monde du thé. Faisant partie des oolong chinois les plus anciens, les yan cha sont entourés de noms et légendes tous plus formidable les uns que les autres. Parmi eux se trouve les "Si Da Ming Cong" ou "théiers légendaires". Initialement au nombre de 4, ils représentent ce qui se fait de mieux à wu yi et se nomme Tie luo han (vénérable de fer), Bai ji guan (coq blanc), Shui jin gui (tortue d'or) et Da hong pao (grande robe rouge). Un 5 ème les a rejoint il y a peu et se nomme Rou gui. Les théiers originels ne produisant plus ( ou presque ), les crus que l'on peut se procurer aujourd'hui sont issus de clone et travaillés par une poignée de famille résidant encore à wu yi pour les plus beaux spécimens.  Leur processus de fabrication est également spécifique car l'oxydation et la torréfaction sont 2 étapes bien distinctes et sont essentielles dans la qualité du yan cha, à tel point que la torréfaction peut être confié dans certains cas à une personne différentes,  spécialisé dans ce domaine. Cette torréfaction décide en grande partie de la qualité d'un thé de roches.
Les deux crûs sélectionnés pour cette année 2016, sont un Tie luo han et un Shui jin gui, tous deux de qualité plus que correct à des prix largement abordable. 

Récolté aux printemps 2015, ce crû est particulièrement intéressant de par son équilibre entre oxydation et torréfaction. La tasse et ronde, fine et a du corps. les saveurs qui se développes vont vers l’agrume bien mûr et de cuir qui, au fil des infusions, se part de saveurs minérales et d'un retour en bouche de plus en plus profond. le Tie luo han est le plus torréfiés des si da ming cong et, à ce titre, doit être bien réalisé. Et cette récolte 2015 en est. Ronde, suave, chaleureuses, offrant des notes caramélisés et boisés, sa torréfaction supporte bien l'ensemble et enjôle les saveurs initiales du terroir pour les laisser se développer tout au long de la cession. Ce crû 2015 et vraiment un plaisir à déguster et de plus, offre un bon potentiel de garde.


feuilles sèches 
liqueur obtenue en gong fu cha

Shui Jin Gui
Yan cha plus rare à trouver qu'un da hong pao ou qu'un tie luo han, ce SJG récolté au printemps 2015 nous à tout de suite séduit. Moins torréfiés que le TLH, ce yan cha voit sa torréfaction se mettre en retrait sur les premières infusions pour laisser place à l'oxydation, élevée mais qui offre des notes gourmandes et explosives de fruit exotiques soutenue par un soupçon de notes de cuir. Au fil des infusions ses saveurs évolues vers le fruit des bois et la légèreté pour basculer petit à petit dans des notes suaves et lactées avec toujours cette profondeur minérale qui reste présente en bouche pendant de longues minutes. Tout  comme notre Tie luo han, ce Shui jin gui offre un bon potentiel de garde grâce à sa torréfaction réussit et à un cultivar de base bien travaillé.

feuilles sèches de Shui jin gui

liqueur obtenue en gong fu cha

Malgré leur manufacture complexe et leur arômes puissants, les yan cha ne révèlent tout leur potentiel qu'au cours d'une infusion selon les principes du gong fu cha et avec un ratio de feuilles très élevé (70 à 80 % du volume de la théière en feuilles sèches).
Toutefois, les amateurs d'infusion plus légères seront séduit par les notes délicates que peut développer le Tie luo han et par la fraîcheur du shui jin gui, avec une infusion à l'occidental.

Si cette article vous à plu alors n'hésitez pas à vous laisser tenter par cette sélection 2016 qui vous réserve bien des surprises !
Comme les précédentes sélections il vous est possible de goûter cette nouvelle gamme grâce au "Pack sélection chine 2016" disponible ici.

Enfin nous vous proposons à partir de cette année le choix de faire livrer vos colis en point relais grâce à mondial relay, pour des frais de port toujours plus réduit.

alors tous à vos théières et bonne route sur la voie du thé !

vendredi 14 août 2015

Rencontre avec rêve de fées

Pour ce 1er article du blog de gongfucha.fr, nous sommes partis à la rencontre de Christelle VIAL, céramiste officiant sous le nom poétique de "rêve de fées". C'est au détour des belflorissimo en mai 2014 que nous la rencontrâmes. Dynamique et pleine de bonne humeur, Christelle présentait ses produits et son savoir faire qui ne manqua pas d'attirer notre attention. Tasse, théière, plat et autres création en tout genre trônaient sur le stand, fier de leur style, de leur différence.
Au vu de ce qui ce trouvait sous nos yeux, une idée traversa immédiatement notre esprit : " les premières pièces de notre catégorie "produit d'artisan" ".
La conversation engagée nous apprîmes qu'elle utilisait des techniques particulières comme le mélange de terre (neriage)ou de l'assemblage "nerikomi". Fort intéressés, nous décidâmes de prendre rendez-vous dans un futur proche afin d'en apprendre plus et développer les idées qui faisaient routes dans nos esprits.

                           Tasse collection bleu polaire achetée au cours de cette première rencontre

                             L'émail intérieur écru laisse bien apparaître la couleur de l'infusion

Et c'est hier que cette formidable rencontre eu lieu. Nous nous sommes présentés à l'atelier de " Rêve de fées " à 14h30 avec bien évidemment quelques belles feuilles de Oolong pour nous accompagné !
Christelle était déjà plongée dans sa passion, créant et testant de nouveaux émaux pour sa futur collection.
Elle nous expliqua alors plus en détails ce qu'était sa fameuse technique de terres mêlés qui consiste à mélanger plusieurs argiles de couleurs différentes en les imbriquant les unes dans les autres de sortes que les différents motif et couleur ( que l'on voit sur la tasse ci-dessus ) prennent place d'eux mêmes faisant de chaque pièce un modèle unique. Autant dire que dans un monde de thé où la perfection naît de l'imperfection, cette caractéristique nous laissent rêveur !
Elle travail avec des argiles cuit à basse température qui font donc partie des argiles dit "poreux" (contrairement à la porcelaine qui elle est imperméable). Après la 1er cuisson un émail est appliqué sur la réalisation la rendant ainsi imperméable et facilement utilisable (pas de problème de culottage). Christelle réalise elle même ces émaux à l'aide de savants mélanges et de multiples tests recherchant constamment à améliorer ce revêtement.

                                                 Partie recherche et cuisson

                                       Stock de matière première (du moins une partie !)

Nous passons ensuite dans l'atelier de tournage. C'est dans cette pièce que la réalisation va " sortir de terre" et curieusement, c'est l'étape la plus rapide ! Notre céramiste nous explique qu'une "fournée" est en préparation et l'on voit aligné tel des soldats une multitude de pièces différentes toutes au stade "brut" de l'ouvrage. C'est à dire quelle sont sèches et poncées mais nécessite cuisson, émaillage puis à nouveau cuisson.
Puis Christelle nous propose de réalisé une pièce de notre choix. Nous lui proposons alors de produire un "plat à tasse", élément indispensable à la réalisation d'un Chaozhou gong fu cha. Elle choisit donc 3 terres, marron, gris et blanc, qu'elle va alors "mêlés" (neri). C'est à ce moment que nous nous apercevons du "gong fu" que chistelle pratique dans son art. Des gestes efficaces et assurés, une précision chirurgical et une passion sans égal, 3 adjectifs représentant parfaitement les céramiques VIAL.
Cette étape finit, l'artiste s'installe au tour et le travail commence. En quelques minutes, la pièce prend forme, monte pour redescendre, se tasse et s'étend, s'affine et se redresse légèrement. La pièce est réalisée, la magie est passée mais l'instant reste gravé.


                                                                Le séchoir

                                            Les 3 terres choisit dans leur état brut

                                                la terre et abaissée petit à petit

                                                l'affinage est fait avec précision

                                                               La pièce finit

Après ces premières heures passées à découvrir cet art magnifique qu'est la céramique, place à celui du thé !
Nous lui présentons nos fameuses théière de yixing qui ne manquèrent pas d'attirer son attention mais aussi des coupes, gaiwan et autres accessoires nécessaire au gong fu cha. Tout ceci nous amena à échanger pendant un long moment sur les aspects pratiques, graphiques ou encore thermiques que ce devait de réunir les différents ustensiles utilisés pour la préparation du thé. Pour illustrer nos propos nous décidâmes donc de passer à la pratique d'un chaozhou gong fu cha dans les règles de l'art. Cependant et au fur et à mesures que le cha xi prenait forme, nous nous sentions attirés par toutes ces céramiques qui nous entouraient et, quelques minutes plus tard, le premier cha xi "rêve de fées" se tenait devant nos yeux !


                                           Cha xi du Chaozhou gong fu rêve de fées

Ce fût un réel plaisir de créer un cha xi avec des céramiques qui étaient réalisées pour une tout autre utilisation mais qui s'intégraient à merveilles dans ce gong fu cha. Pour ce chaozhou gong fu nous utilisâmes des feuilles de notre Tie luo han, délicieux yan cha si propice au style de chaozhou. Des notes profondes de roche et de terre se dégagèrent de cette première infusion à la robe cuivré, lisse et puissante. l’ambiance d'un gong fu cha au milieu d'un atelier de céramique et quelque chose que nous n'oublierons pas tant par l'alliance des odeurs de terre et de thé que par l'harmonie créer entre les céramiques qui nous entouraient et ce cha xi atypique.

                                             tasses présentées sur plat de table

Pour finir, nous décidâmes de composer un cha xi taiwanais et d'y infuser notre gui fei (concubine oolong). Pour la composition de ce dernier cha xi, des ustensiles traditionnels et des créations de christelle furent également utilisés.

                                              Cha xi dans le style de Taiwan

                                             Entre tradition et création


Ce dernier moment de la journée fût d'une douceur incroyable grâce aux arômes délicats et floral infiniment profond de ce gui fei de printemps 2015.

Bien évidemment vous devez vous en doutez cette journée donna lieu à une entente entre gongfucha.fr et rêve de fées qui va voir naître les premières pièces spécifique au Chaozhou gong fu cha que vous pourrez admirer lors de notre prochaine apparition en publique lors du rendez vous "village d'asie".

Nous espérons vous voir nombreux et ainsi pouvoir déguster de délicieux oolong aux chaozhou gong fu cha !

                                        Tasses de gui fei présentées sur un repose cuillière